jeudi 22 avril 2010

Un dimanche en famille

(Remarque : J'avais promis des vidéos. Finalement, il y en aura pas. J'ai tenté plusieurs fois et à chaque fois ça ne marche pas... Donc pas de vidéos pour le moment. Désolé !)

Dans cet article je vais juste vous parler de ma journée de dimanche dernier. J'ai été invité à manger chez l'ami de Pablo (le couchsurfeur qui m'a logé le premier weekend qui a 29 ans et est avocat). L'ami de Pablo est avocat aussi et a aussi 29 ans. Il m'a invité dans sa maison familiale en campagne à manger avec sa famille. En fait au départ, je savais juste que j'allais manger avec lui, sa grand mère et peut être ses parennts. Au final, on était 15 personnes... et la famille n'était pas au complet...



La question que vous vous posez ou peut être pas est pourquoi quelqu'un que je n'ai vu qu'une seule fois m'invite à manger avec toute sa famille ?
La raison est que cette famille a des origines françaises et plus particulièrement du Sud ouest de la France... de Pau. Pau, ville où j'ai étudié deux ans et située à une heure de chez moi. L'histoire, assez incroyable, est que l'arrière grand père de "mon nouvel ami" a immigré en Argentine... à l'âge de seulement 14 ans. Tout seul ! Il a travaillé plusieurs années dans une boulangerie. Il a accumulé tellement d'argent qu'il a pu s'acheter une vaste terre. Aujourd'hui, l'exploitation fait 1.500 hectares et appartient toujours à la famille.



Le meilleur moment de la journée a été quand ils m'ont montré les lettres qu'envoyaient des membres de la famille de France en Argentine. J'ai pu lire une lettre par exemple d'une nièce qui écrivait en 1940 sur son mari soldat bléssé par une explosion. Elle raconte que plusieurs amis de son mari sont morts lors de l'explosion. Heureusement lui n'a reçu qu'un éclat d'obus sur le front et est encore vivant. La femme a écrit après que son mari soit revenu du front et être resté quelques jours à la maison avec sa famille. Elle parle de sa petite fille qui aurait dit à son père :"Papa c'est maintenant fini de faire la guerre ! Maman est très triste. Tu dois rester avec elle".

J'ai pu lire également des articles de journaux de 1940 juste avant que la guerre démarre comme celui-ci :



Je ne sais pas trop comment conclure mon article. Mais, l'idée est que parfois on oublie que les voyages c'est pas seulement que des monuments, des paysages, des musées. C'est aussi des rencontres... A Santiago del Estero, il y a peut être peu de choses à visiter mais il y a des gens qui y vivent et qui sont près à échanger, à t'inviter à manger sans rien attendre en retour. Tout ça pour dire que je m'ennuie pas ! :-)

jeudi 15 avril 2010

Première semaine, premières rencontres !

Allez je ne perds pas le rythme !

Tout d'abord des photos de l'ONG :




Mon bureau

Le reste des photos sont disponibles à gauche: album "Mon logement et mon lieu de travail".

Pour mon premier weekend, je suis allé à la capitale de la province de Santiago del Estero qui s'appelle ... Santiago del Estero. Facile !
Je n'ai pas pris de photos parce qu'il y avait tout simplement pas grand chose d'intéressants à prendre en photo. Ah si peut être une église ! ^^

J'ai été logé chez deux couchsurfeurs : le premier m'a logé que le vendredi. Il devait étudier le samedi donc je suis allé chez un autre couchsurfeur plus âgé : 29 ans avocat.

Il m'a invité au restaurant le soir. C'était l'anniversaire de son pére, né comme moi le 5 avril. Le père m'a offert le repas ! :-) Ils étaient super gentils d'ailleurs comme toutes les personnes que j'ai rencontré durant le weekend. Tout le monde était intéressé par ce que je fais ici dans l'ONG. Après le restaurant, on est allé retrouvé des amis du couchsurfeur dans un bar où ils célébraient un anniversaire. Les propriétaires du bar sont des amis, donc des bouteilles de champagne avaient été amenés. Tout ca pour dire que j'ai rien payé là aussi :-)
Même les cocktails que m'a fait goûter le barman, c'est un gars qui me les a offert.

Le lendemain, j'ai suivi le couchsurfeur à Tucuman (capitale de la province de Tucuman, facile aussi). Le couchsurfeur s'appelle Pablo (comme ça j'arrête de répéter "couchsurfeur" tout le temps ^^). Il est supporteur de River Plate, un club de Buenos Aires. Deux bus partaient de Santiago del Estero. Il restait une place pour moi (j'ai encore rien payé ^^). J'ai passé l'après midi dans un campimg avec 200 supporteurs de River. De la viande avait été amené pour le barbecue. J'ai mangé avec eux, et j'ai bien entendu ... rien payé. J'ai passé une super après midi. Tout était vraiment super bien organisé !

Puis le soir, on est allé au stade. Enorme ambiance ! Stade de 30.000 places remplit. J'étais avec les 3.000 supporteurs de River Plate. On etait tous collé les uns contre les autres. Impossible de s'asseoir. Les supporteurs n'ont pas arrêté de chanter pendant 90 minutes.

Pour un premier weekend, c'était vraiment excellent ! Je me suis intégré très très facilement. (Photos disponibles sur la gauche: album "Match Tucuman - River Plate")

(Je vais me coucher, demain je mettrais des videos pour vous montrer l'ambiance qu'il y avait dans le camping)

mardi 13 avril 2010

C'est parti pour 6 mois !!

En bon géographe que je suis, voici une petite carte pour vous !



Je ne vais pas vous raconter que tout va bien, que l'ambiance est bonne dans l'ONG et que le travail devrait être intéressant... J'ai beaucoup mieux !

Parlons de choses intéressantes...

Tout d'abord, la province de Santiago Del Estero n'est pas connue mondialement. Cela est certain ! Peu de gens on entendu parler de cette région. Alors pourquoi j'ai eu l'ingénieuse idée d'aller là-bas ? Ce n'est pas pour faire du tourisme, ça c'est sûr ! Ici, le tourisme y est très peu développé. C'est l'une des régions les plus pauvres du pays. Beaucoup de touristes traversent la province mais ne s'y arrêtent pas préférant continuer leur route plus vers le Nord Ouest vers les provinces touristiques de Salta et Jujuy.

Santiago del Estero est plutôt connu pour ses conflits agraires que pour autre chose. Un petit historique s'impose : par le passé, des terres agricoles il y en avait plus ou moins pour tout le monde. Beaucoup de terres n'étaient pas cultivés par leurs propriétaires. Des paysans pauvres on pu alors s'y installer, construire leurs maisons et vivre tranquillement.
Dans les années 70, la culture de la soja augmente. La production explose ! En 70/71, 37.700 hectares de soja sont recensés. Dix ans plus tard, on en recense plus de 2 millions d'hectares. En 96/97 : on atteint les 6 millions. En 2009/2010, on compte plus de 18 millions d'hectares. L'Argentine est le troisième plus gros producteur mondial après les Etats-Unis et le Brésil. Actuellement, la culture de la soja joue un rôle fondamental dans l'économie du pays : c'est le principal produit d'exportation argentin. La demande en soja est énorme donc tout le monde veut se mettre à en produire. En plus, maintenant avec le soja transgénique commercialisé depuis 1996 aux Etats-Unis par la multinationale Monsanto il devient encore plus facile d'en produire. Il y a plus de problème pour désherber, maintenant c'est facile avec un avion on diffuse sur la culture une bonne dose de désherbant Round Up (autre création de Monsanto). Ca tue tout sauf la plante transgénique qui résiste au désherbant. Juste on ne dira pas le Round Up est cancérigène et que la monoculture de soja OGM est mauvaise pour l'environnement, et ca sera parfait ! ;-)

Bref, l'expansion fulgurante de la soja oblige de nombreux éleveurs de bovins à se déplacer. Resultat: maintenant les petits producteurs qui sont installés sans rien dire sont maintenant menacés. Alors qu'ils vivaient tranquillement depuis 30 ans , 50 ans voire 100 ans, des entreprises commencent à s'intéresser à leurs terres. Or problème, ces petits paysans vivent sans titre de propriété. Les titres de propriété ce sont les entreprises argentines ou étrangères qui les achètent aux descendants de la personne qui avait à l'origine acheter la terre.

Le soucis c'est que ces paysans ne font pas le poids financièrement face à ces entreprises. Certains paysans ne savent même pas qu'ils ont des droits et qu'ils peuvent se protéger. En effet, si quelqu'un a vécu plus de 20 ans sur une terre sans que le détenteur du titre de propriété se soit manifesté le paysan occupant la terre peut faire une demande pour acquérir le titre de propriété.

La province de Santiago del Estero est donc très connu pour les conflits agraires entre petits producteurs et entreprises.

L'ONG FUNDAPAZ aide les producteurs à ce qu'ils connaissent mieux leurs droits afin de se défendre. Elle fait en sorte que les producteurs puissent faire la démarche d'acquérir un titre de propriété avant de rentrer un jour en conflit avec des entreprises...

samedi 10 avril 2010

Buenos Aires, derniers jours de vacances avant le stage !



J'ai eu du mal à me motiver mais me revoilà !

Donc le 24 mars, je suis bien arrivé à Buenos Aires. Dernière étape avant de commencer le stage à Santiago del Estero.

L'idée au départ était de dormir le plus de nuit possible via "couchsurfing". Malheureusement, j'ai eu aucune réponse positive. Donc j'ai décidé d'aller dans une auberge de jeunesse.

Durant mes 12 jours à Buenos Aires, j'ai finalement passé une nuit chez un couchsurfeur (ma seconde nuit). Le gars étudiant en médecine vit avec 3 cousins et une amie dans une super maison. J'ai mangé avec eux le soir puis on est sorti voir un concert. Une bonne soirée !

Le reste de mon séjour,j'etais à l'auberge de jeunesse où l'ambiance etait vraiment super bonne. Le personnel super sympathique. J'ai rencontré des gens d'un peu partout : Dan un gars néo-zélandais de 29 ans qui après avoir vécu 3 ans en Indonésie est arrivé à Buenos Aires pour y vivre. Il a vécu là bas en donnant seulement des cours d'anglais. Stefanie une allemande de 24 ans qui vit au Paraguay. Elle est volontaire dans une école. Claudia une chilienne de 35 ans (je crois) qui a été un peu ma maman :-). Ensuite j'ai rencontré quelques argentins... Et, puis j'ai surtout pas mal sympathisé avec le personnel : Juanito du Surinam, Nino du Pérou et Sil d'Argentine.

Photo: Stefanie Kringe


Ce qui était vraiment bien dans l'auberge, c'est qu'il y avait très peu d'anglophones. J'ai pu parler en espagnol tout le temps avec tout le monde. La nuit coûtait vraiment rien du tout environ 6 euro. Et l'auberge de jeunesse etait super bien situé à deux pas des rues pietonnes "Lavalle" et "Florida".

Malgré que Buenos Aires soit une grosse ville (environ 15 millions d'habitants) je me suis jamais senti oppressé contrairement à Sao Paulo. Le centre ville pourrait tout à fait être le centre ville d'une capitale européenne : peu de problème d'insécurité, les rues sont propres, la pauvreté assex peu visible. Il faut sortir de la ville pour réellement la voir. Il y a de nombreux endroits cool pour se balader : parcs, rues pietonnes, réserve écologique, le port.





Mes deux meilleurs moments passés à Buenos Aires sont :

- La visite du quartier de "la Boca". Très touristique mais tellement jolie !





- Le concert de "La Bomba de Tiempo". C'est un groupe de percussionistes qui joue dans une salle de concert tous les lundis soirs avec à chaque fois un groupe invité. L'originalité du groupe est qu'il est dirigé par un chef orchestre qui avec un système de signes donne le rythme à chaque percussioniste. Vraiment impressionant à voir !

Sur cette vidéo, on voit bien comment fonctionne l'orchestre avec le système de signes :

http://www.youtube.com/watch?v=KrKm5xUQtNo

Bien entendu, j'y ai passé un super bon moment ! J'avais l'impression d´être dans une ambiance de festival d'été un lundi soir... Enormement de gens ! Tout le monde en trance !

Le dimanche 4 avril, j'ai quitté Buenos Aires. Je me suis offert un voyage de quasiment 14 heures de bus pour arriver le 5 avril, jour de mon anniversaire, à Santiago del Estero pour commencer le stage. Quel beau cadeau... ;-)