mardi 13 avril 2010

C'est parti pour 6 mois !!

En bon géographe que je suis, voici une petite carte pour vous !



Je ne vais pas vous raconter que tout va bien, que l'ambiance est bonne dans l'ONG et que le travail devrait être intéressant... J'ai beaucoup mieux !

Parlons de choses intéressantes...

Tout d'abord, la province de Santiago Del Estero n'est pas connue mondialement. Cela est certain ! Peu de gens on entendu parler de cette région. Alors pourquoi j'ai eu l'ingénieuse idée d'aller là-bas ? Ce n'est pas pour faire du tourisme, ça c'est sûr ! Ici, le tourisme y est très peu développé. C'est l'une des régions les plus pauvres du pays. Beaucoup de touristes traversent la province mais ne s'y arrêtent pas préférant continuer leur route plus vers le Nord Ouest vers les provinces touristiques de Salta et Jujuy.

Santiago del Estero est plutôt connu pour ses conflits agraires que pour autre chose. Un petit historique s'impose : par le passé, des terres agricoles il y en avait plus ou moins pour tout le monde. Beaucoup de terres n'étaient pas cultivés par leurs propriétaires. Des paysans pauvres on pu alors s'y installer, construire leurs maisons et vivre tranquillement.
Dans les années 70, la culture de la soja augmente. La production explose ! En 70/71, 37.700 hectares de soja sont recensés. Dix ans plus tard, on en recense plus de 2 millions d'hectares. En 96/97 : on atteint les 6 millions. En 2009/2010, on compte plus de 18 millions d'hectares. L'Argentine est le troisième plus gros producteur mondial après les Etats-Unis et le Brésil. Actuellement, la culture de la soja joue un rôle fondamental dans l'économie du pays : c'est le principal produit d'exportation argentin. La demande en soja est énorme donc tout le monde veut se mettre à en produire. En plus, maintenant avec le soja transgénique commercialisé depuis 1996 aux Etats-Unis par la multinationale Monsanto il devient encore plus facile d'en produire. Il y a plus de problème pour désherber, maintenant c'est facile avec un avion on diffuse sur la culture une bonne dose de désherbant Round Up (autre création de Monsanto). Ca tue tout sauf la plante transgénique qui résiste au désherbant. Juste on ne dira pas le Round Up est cancérigène et que la monoculture de soja OGM est mauvaise pour l'environnement, et ca sera parfait ! ;-)

Bref, l'expansion fulgurante de la soja oblige de nombreux éleveurs de bovins à se déplacer. Resultat: maintenant les petits producteurs qui sont installés sans rien dire sont maintenant menacés. Alors qu'ils vivaient tranquillement depuis 30 ans , 50 ans voire 100 ans, des entreprises commencent à s'intéresser à leurs terres. Or problème, ces petits paysans vivent sans titre de propriété. Les titres de propriété ce sont les entreprises argentines ou étrangères qui les achètent aux descendants de la personne qui avait à l'origine acheter la terre.

Le soucis c'est que ces paysans ne font pas le poids financièrement face à ces entreprises. Certains paysans ne savent même pas qu'ils ont des droits et qu'ils peuvent se protéger. En effet, si quelqu'un a vécu plus de 20 ans sur une terre sans que le détenteur du titre de propriété se soit manifesté le paysan occupant la terre peut faire une demande pour acquérir le titre de propriété.

La province de Santiago del Estero est donc très connu pour les conflits agraires entre petits producteurs et entreprises.

L'ONG FUNDAPAZ aide les producteurs à ce qu'ils connaissent mieux leurs droits afin de se défendre. Elle fait en sorte que les producteurs puissent faire la démarche d'acquérir un titre de propriété avant de rentrer un jour en conflit avec des entreprises...

3 commentaires:

  1. Merci nico, c'est très interessant!
    Quel role as tu dans l'ong?
    Poussin

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  2. Merci.

    Je vais réaliser une étude sur les producteurs dont s'occupe l'ONG. Je vais faire des entretiens au près des paysans. Je vais devoir également réaliser une cartographie pour connaître la répartition des familles paysannes dans l'espace.

    Mon travail n'a pas un lien direct avec mon article. En fait, l'ONG bosse dans plusieurs domaines et la thématique "régularisation de la possession de la terre" n'est pas l'élément central. L'ONG centre principalement son travail sur la production c'est-à-dire sur l'augmentation et la diversification des revenus. Ils cherchent des alternatives comme l'apiculture, la production de lait de chèvre. J'en ai pas encore parlé mais les conditions climatiques sont assez dures ici: peu de précipitations et il fait très chaud (jusqu'à 50ºC en été).
    Je vais écrire un article sur ca bientôt...

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