samedi 15 mai 2010

"J'y perds la moitié de ma vie..."



La semaine dernière j'ai enfin commencé mes enquêtes de terrain. Le but de l'étude est de connaitre l'ensemble des producteurs des deux micro-régions où travaille l'ONG : la zone de Robles là où se situe les bureaux de Fundapaz; et la zone de Garza à plus d'une heure de l'ONG. L'objectif est donc de voir qui participe aux activités de Fundapaz et également avoir quelques informations basiques sur les autres familles qui ne participent pas et comprendre pourquoi ils ne viennent pas aux réunions.

Les conditions climatiques sont ici très difficiles pour les petits producteurs. On est en climat semi-aride. Les températures atteignent plus de 50º C en été (décembre, janvier, février) et les précipitations sont faibles.



Dans la zone de Robles, les paysans ont accés à l'eau du fleuve Rio Dulce par des canaux d'irrigations et les maisons sont situées à proximité des voies de communication. Dans la zone de Garza où j'ai commencé les enquêtes, l'accès y est difficile. Tous les routes sont en terre. Et autre problème : il n'y a aucune rivière qui passe à proximité.



Toutes les familles que ce soit de Robles ou de Garza sont des éleveurs de chèvres. En plus de cela, on peut trouver également dans l'exploitation familiale des vaches, porcs et moutons mais en moins grand nombre. Ensuite en fonction des ressources hydriques de chacun, les familles sèment de la luzerne et du maïs pour la consommation animale et familiale. Certaines familles ont également un petit potager. Mais le manque d'eau rend difficile la mise en culture pour la majorité des familles. L'élevage est donc l'activité principale.

Le soucis est que cette activité n'est pas suffisante pour faire vivre une famille et trouver un emploi relève de l'exploit ! La solution parce que oui ils ont trouvé une solution c'est partir travailler plusieurs mois comme ouvrier agricole dans la province de Buenos Aires. Presque tous les hommes partent récolter la patate dans une grande exploitation. Certains partent 3 mois, d'autres 6 mois, quelques uns 10 mois. En moyenne ils passent la moitié de l'année sans voir leurs femmes et leurs enfants. Et c'est comme ça chaque année. Un vieux avec qui j'ai parlé a fait ça tous les ans pendant 40 ans depuis l'âge de 17 ans. Un autre paysan a commencé à 13 ans avec son père depuis il y part tous les ans. Il a maintenant la trentaine. "J'y perds la moitié de ma vie..." m'a t-il dit. Donc oui ils ont trouvé une solution pour survivre, mais quelle solution !! Leur vie est comme ça et ils ont malheureusement pas d'autres choix que de l'accepter.

J'ai eu cette discussion lors d'un repas chez une famille paysanne qui m'a logé lors de mes enquêtes.



Toutes les photos sont disponibles dans la rubrique "Fundapaz".







Je mets en ligne également des photos d'un weekend que j'ai passé en montagne début mai dans la province de Tucuman ("Tafi del Valle").

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire