dimanche 30 mai 2010

Un petit tour en Bolivie...

Je mets en ligne les photos de mon dernier weekend passé... en Bolivie. C'était un weekend à 4 jours : l'Argentine célébrait les 200 ans de l'independance du pays. Je n'ai pas pu aller très loin en Bolivie. Il y avait déjà beaucoup d'heures de bus à faire rien que jusqu'à la frontière (13 heures environ). Donc je suis allé jusqu'à Tupiza : 3 heures de bus de plus depuis la frontière. L'endroit était vraiment sublime. J'avais l'impression d'être dans le Far West américain... J'ai fait un tour de 2 jours à cheval avec des israëliens, hollandaises et français. Très bonne ambiance dans le groupe !






Le seul petit hic du voyage c'est que je suis tombé malade... J'ai pris froid ! Il y avait beaucoup de vent... puis j'ai du prendre un bus de nuit à 4h du matin en Bolivie de Tupiza à la frontière... sans chauffage, sans sac de couchage, sans couverture, sans bonnet... J'avais 2 tee-shirts, deux pulls, une polaire et un blouson... Malheureusement c'etait pas suffisant... Dehors, les vitres etaient gelées. (J'etais à plus de 2.000 mètres d'altitude. Tupiza est à 2.900 mètres!) Sympathique ! Bref, mon pire voyage en bus de toute ma vie ! Je crois que ca va être très très difficile de faire pire...

Donc là vous vous dîtes "Nico, tu es con comme un baton !! Tu aurais du t'y preparer" En fait, au depart je devais prendre un bus à 10 heures du matin... mais le gars de l'auberge est gentillement venu taper à la porte à 23h30 pour me dire qu'il n'y avait pas de bus à 10 heures demain et donc que je devais prendre le bus de 4h du matin.

C'est pas grave ca fera une histoire de plus à raconter à ses enfants ou voire même à rajouter dans son CV...

samedi 15 mai 2010

"J'y perds la moitié de ma vie..."



La semaine dernière j'ai enfin commencé mes enquêtes de terrain. Le but de l'étude est de connaitre l'ensemble des producteurs des deux micro-régions où travaille l'ONG : la zone de Robles là où se situe les bureaux de Fundapaz; et la zone de Garza à plus d'une heure de l'ONG. L'objectif est donc de voir qui participe aux activités de Fundapaz et également avoir quelques informations basiques sur les autres familles qui ne participent pas et comprendre pourquoi ils ne viennent pas aux réunions.

Les conditions climatiques sont ici très difficiles pour les petits producteurs. On est en climat semi-aride. Les températures atteignent plus de 50º C en été (décembre, janvier, février) et les précipitations sont faibles.



Dans la zone de Robles, les paysans ont accés à l'eau du fleuve Rio Dulce par des canaux d'irrigations et les maisons sont situées à proximité des voies de communication. Dans la zone de Garza où j'ai commencé les enquêtes, l'accès y est difficile. Tous les routes sont en terre. Et autre problème : il n'y a aucune rivière qui passe à proximité.



Toutes les familles que ce soit de Robles ou de Garza sont des éleveurs de chèvres. En plus de cela, on peut trouver également dans l'exploitation familiale des vaches, porcs et moutons mais en moins grand nombre. Ensuite en fonction des ressources hydriques de chacun, les familles sèment de la luzerne et du maïs pour la consommation animale et familiale. Certaines familles ont également un petit potager. Mais le manque d'eau rend difficile la mise en culture pour la majorité des familles. L'élevage est donc l'activité principale.

Le soucis est que cette activité n'est pas suffisante pour faire vivre une famille et trouver un emploi relève de l'exploit ! La solution parce que oui ils ont trouvé une solution c'est partir travailler plusieurs mois comme ouvrier agricole dans la province de Buenos Aires. Presque tous les hommes partent récolter la patate dans une grande exploitation. Certains partent 3 mois, d'autres 6 mois, quelques uns 10 mois. En moyenne ils passent la moitié de l'année sans voir leurs femmes et leurs enfants. Et c'est comme ça chaque année. Un vieux avec qui j'ai parlé a fait ça tous les ans pendant 40 ans depuis l'âge de 17 ans. Un autre paysan a commencé à 13 ans avec son père depuis il y part tous les ans. Il a maintenant la trentaine. "J'y perds la moitié de ma vie..." m'a t-il dit. Donc oui ils ont trouvé une solution pour survivre, mais quelle solution !! Leur vie est comme ça et ils ont malheureusement pas d'autres choix que de l'accepter.

J'ai eu cette discussion lors d'un repas chez une famille paysanne qui m'a logé lors de mes enquêtes.



Toutes les photos sont disponibles dans la rubrique "Fundapaz".







Je mets en ligne également des photos d'un weekend que j'ai passé en montagne début mai dans la province de Tucuman ("Tafi del Valle").

jeudi 22 avril 2010

Un dimanche en famille

(Remarque : J'avais promis des vidéos. Finalement, il y en aura pas. J'ai tenté plusieurs fois et à chaque fois ça ne marche pas... Donc pas de vidéos pour le moment. Désolé !)

Dans cet article je vais juste vous parler de ma journée de dimanche dernier. J'ai été invité à manger chez l'ami de Pablo (le couchsurfeur qui m'a logé le premier weekend qui a 29 ans et est avocat). L'ami de Pablo est avocat aussi et a aussi 29 ans. Il m'a invité dans sa maison familiale en campagne à manger avec sa famille. En fait au départ, je savais juste que j'allais manger avec lui, sa grand mère et peut être ses parennts. Au final, on était 15 personnes... et la famille n'était pas au complet...



La question que vous vous posez ou peut être pas est pourquoi quelqu'un que je n'ai vu qu'une seule fois m'invite à manger avec toute sa famille ?
La raison est que cette famille a des origines françaises et plus particulièrement du Sud ouest de la France... de Pau. Pau, ville où j'ai étudié deux ans et située à une heure de chez moi. L'histoire, assez incroyable, est que l'arrière grand père de "mon nouvel ami" a immigré en Argentine... à l'âge de seulement 14 ans. Tout seul ! Il a travaillé plusieurs années dans une boulangerie. Il a accumulé tellement d'argent qu'il a pu s'acheter une vaste terre. Aujourd'hui, l'exploitation fait 1.500 hectares et appartient toujours à la famille.



Le meilleur moment de la journée a été quand ils m'ont montré les lettres qu'envoyaient des membres de la famille de France en Argentine. J'ai pu lire une lettre par exemple d'une nièce qui écrivait en 1940 sur son mari soldat bléssé par une explosion. Elle raconte que plusieurs amis de son mari sont morts lors de l'explosion. Heureusement lui n'a reçu qu'un éclat d'obus sur le front et est encore vivant. La femme a écrit après que son mari soit revenu du front et être resté quelques jours à la maison avec sa famille. Elle parle de sa petite fille qui aurait dit à son père :"Papa c'est maintenant fini de faire la guerre ! Maman est très triste. Tu dois rester avec elle".

J'ai pu lire également des articles de journaux de 1940 juste avant que la guerre démarre comme celui-ci :



Je ne sais pas trop comment conclure mon article. Mais, l'idée est que parfois on oublie que les voyages c'est pas seulement que des monuments, des paysages, des musées. C'est aussi des rencontres... A Santiago del Estero, il y a peut être peu de choses à visiter mais il y a des gens qui y vivent et qui sont près à échanger, à t'inviter à manger sans rien attendre en retour. Tout ça pour dire que je m'ennuie pas ! :-)

jeudi 15 avril 2010

Première semaine, premières rencontres !

Allez je ne perds pas le rythme !

Tout d'abord des photos de l'ONG :




Mon bureau

Le reste des photos sont disponibles à gauche: album "Mon logement et mon lieu de travail".

Pour mon premier weekend, je suis allé à la capitale de la province de Santiago del Estero qui s'appelle ... Santiago del Estero. Facile !
Je n'ai pas pris de photos parce qu'il y avait tout simplement pas grand chose d'intéressants à prendre en photo. Ah si peut être une église ! ^^

J'ai été logé chez deux couchsurfeurs : le premier m'a logé que le vendredi. Il devait étudier le samedi donc je suis allé chez un autre couchsurfeur plus âgé : 29 ans avocat.

Il m'a invité au restaurant le soir. C'était l'anniversaire de son pére, né comme moi le 5 avril. Le père m'a offert le repas ! :-) Ils étaient super gentils d'ailleurs comme toutes les personnes que j'ai rencontré durant le weekend. Tout le monde était intéressé par ce que je fais ici dans l'ONG. Après le restaurant, on est allé retrouvé des amis du couchsurfeur dans un bar où ils célébraient un anniversaire. Les propriétaires du bar sont des amis, donc des bouteilles de champagne avaient été amenés. Tout ca pour dire que j'ai rien payé là aussi :-)
Même les cocktails que m'a fait goûter le barman, c'est un gars qui me les a offert.

Le lendemain, j'ai suivi le couchsurfeur à Tucuman (capitale de la province de Tucuman, facile aussi). Le couchsurfeur s'appelle Pablo (comme ça j'arrête de répéter "couchsurfeur" tout le temps ^^). Il est supporteur de River Plate, un club de Buenos Aires. Deux bus partaient de Santiago del Estero. Il restait une place pour moi (j'ai encore rien payé ^^). J'ai passé l'après midi dans un campimg avec 200 supporteurs de River. De la viande avait été amené pour le barbecue. J'ai mangé avec eux, et j'ai bien entendu ... rien payé. J'ai passé une super après midi. Tout était vraiment super bien organisé !

Puis le soir, on est allé au stade. Enorme ambiance ! Stade de 30.000 places remplit. J'étais avec les 3.000 supporteurs de River Plate. On etait tous collé les uns contre les autres. Impossible de s'asseoir. Les supporteurs n'ont pas arrêté de chanter pendant 90 minutes.

Pour un premier weekend, c'était vraiment excellent ! Je me suis intégré très très facilement. (Photos disponibles sur la gauche: album "Match Tucuman - River Plate")

(Je vais me coucher, demain je mettrais des videos pour vous montrer l'ambiance qu'il y avait dans le camping)